Main levée du fichage RED NOTICE Interpol et procédure devant la commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF

Laurent LATAPIE Avocat droit bancaire international Suisse 2026

Comment fonctionnent les demandes de rectification ou d’effacement des données RED NOTICE d’Interpol devant la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF ? Comment se déroule la demande de main levée d’un fichage RED NOTICE ? Dans quelles conditions saisir la commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF pour obtenir une rectification, un effacement ou main levée, ou bien encore une révision d’une décision de fichage RED NOTICE ? 

Article :

Il convient de s’intéresser à la procédure spécifique liée au traitement d’une requête faite par une personne fichée auprès des services d’Interpol à travers le fameux fichage rouge, autrement appelé RED NOTICE en Anglais, qui est assujetti à une procédure spécifique lorsque l’intéressé souhaite procéder à sa main levée.

En effet, les requêtes faites à cette fin suivent un traitement spécifique devant la commission de contrôle des fichiers d’Interpol en charge du traitement de ces demandes aux fins de main levée du fichage.

Cette commission de contrôle des fichiers d’Interpol est située à Lyon et elle vient rappeler dans quelles conditions la main levée doit être réalisée.

La Commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF

Il convient de rappeler en tant que de besoin que la commission de contrôle des fichiers d’Interpol, autrement appelée la CCF, a été créée en 1982 et, par la suite, de 2003 à 2005, elle a été régie par deux nouveaux règlements adoptés par Interpol en Assemblée Générale.

Ces deux règlements sont importants, il s’agit du règlement sur le traitement d’informations ainsi que le règlement relatif au contrôle des informations et à l’accès aux fichiers d’Interpol.

Les statuts de la commission CCF ont été adoptés en 2016 pour entrer en vigueur en mars 2017 et ces statuts ont vocation notamment à affirmer l’indépendance de la commission avec bien sûr l’application d’un principe d’impartialité dans lequel les statuts renforcent le statut de la commission comme étant un véritable organe de décision quasi judiciaire chargé de veiller à ce que le traitement des données à caractère personnel par le secrétariat général d’Interpol soit conforme à la règlementation applicable à l’organisation en tant que telle.

La mission du CCF sur le traitement des données RED NOTICE

La commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF est donc un organe indépendant et impartial qui est chargé de veiller à ce que le traitement des données à caractère personnel effectué par Interpol soit conforme à la règlementation applicable de l’organisation.

Ainsi, la commission exerce des missions de contrôle et procède à l’examen des demandes d’accès aux données traitées dans le système d’informations d’Interpol.

La commission est tout autant chargée de traiter et d’examiner les demandes de rectification et/ou d’effacement de ces données.

Les demandes de rectification ou d’effacement des données auprès du CCF

La commission est composée de deux Chambres, la première qui est la Chambre de contrôle et de conseil qui a un rôle de conseil auprès de l’organisation « sur tout projet, toute opération, toute règlementation ou toute autre question impliquant un traitement des données à caractère personnel ou un système d’informations d’Interpol. »

Ainsi que la Chambre des requêtes qui, elle, a pour mission d’examiner les demandes d’accès aux données traitées dans le système d’informations d’Interpol ainsi que les demandes de rectification et/ou d’effacement de ces données et de se prononcer sur ces demandes.

Elle a également le pouvoir d’examiner les demandes de révision de ces décisions.

Le mandat de la mission de la commission de contrôle des fichiers d’Interpol a également ses propres limites puisque ses pouvoirs se limitent à contrôler que le traitement des données dans le système d’informations Interpol est conforme à la règlementation applicable de l’organisation, la commission n’est donc pas habilitée à connaitre des fichiers nationaux qui, quant à eux, ne dépendent que du seul ressort des autorités nationales compétentes.

Ce qui est assez logique.

La question des procédures d’extraditions nationales

La commission de contrôle des fichiers d’Interpol n’est pas plus habilitée à déterminer si un demandeur peut se rendre à l’étranger sans crainte d’être arrêté.

La commission ne gère pas non plus les problématiques liées aux procédures d’extraditions nationales et n’intervient pas non plus en matière de coopération judiciaire entre différents états, notamment à travers des coopérations judiciaires bilatérales.

La commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF, quant à elle, contrôle uniquement le traitement des données mais n’est absolument pas habilitée à mener des enquêtes ou à examiner des preuves ni à statuer sur le fond d’une affaire.

Cette tâche étant réservée naturellement aux autorités nationales qui sont compétentes pour le faire.

Il peut arriver, comme le souligne la commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF elle-même, que celle-ci soit destinataire également de plaintes.

Les demandes non traitées par la CCF 

Ainsi, la commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF se refuse et ne traite pas les demandes suivantes : 

  • Demande d’accès à des données traitées dans des fichiers nationaux, demande de rectification et/ou d’effacement de ces données,
  • Plainte relative à des poursuites nationales, 
  • Demande de certificat de bonne conduite, 
  • Demande de recherche de personne disparue, 
  • Demande d’aide au vu d’obtenir un visa ou dans le cadre d’une procédure d’immigration.

Par ailleurs, dans le cadre des limites de son mandat, la commission de contrôle des fichiers d’Interpol n’a pas la possibilité de se substituer aux autorités judiciaires nationales pour vérifier l’exactitude des faits dénoncés ou de procéder à leur requalification.

Pour autant, la commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF peut cependant solliciter les autorités nationales afin de savoir si une procédure est toujours en cours ou si les données de police sont exactes.

La CCF peut-elle vérifier la validité de mandats d’arrêts nationaux et internationaux ? 

Enfin, il convient de préciser qu’il n’appartient pas à la commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF d’apprécier l’état du droit dans un pays membre pour se prononcer sur la validité d’un mandat d’arrêt ou d’un jugement.

Il appartient donc à toute personne qui souhaite présenter une demande de main levée d’établir une requête.

Quelle requête présenter devant la CCF pour obtenir une main levée du fichage RED NOTICE ? 

Ainsi, pour formaliser cette requête, il convient de préciser que toute personne ou son conseil peut naturellement demander l’accès aux données le concernant qui sont traitées dans le système d’informations d’Interpol.

Et, en cas de difficultés, cette même personne ou son conseil peuvent demander la rectification ou l’effacement de ses données.

La commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF insiste sur le fait que toute demande ne sera pas utilisée aux fins de coopération policière et judiciaire internationale.

La requête en mainlevée de fichage RED NOTICE est-elle communiqué au pays demandeur ? 

Les fichiers de la commission CCF étant confidentiels, les requêtes qui lui sont transmises ne sont pas enregistrées dans le système d’informations d’Interpol et ne sont donc pas communiquées aux autorités nationales qui sont à la recherche de cette personne.

Il peut arriver que, dans le cadre du traitement de cette requête aux fins de main levée du fichage, la commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF soit amenée à communiquer certaines informations soit au secrétaire général d’Interpol, soit aux Bureaux centraux nationaux afin de confirmer les informations permettant ainsi de traiter la requête en question.

Le même dite commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF peut également solliciter les Bureaux centraux nationaux afin de connaitre leur position sur les arguments invoqués par le demandeur.

La sollicitation des Bureaux centraux nationaux par la CCF

Cependant, la confidentialité étant absolument maintenue, aucune information n’est communiquée par la commission de contrôle des fichiers d’Interpol au Bureaux centraux nationaux notamment sur toute information relative à la localisation du demandeur ou à son conseil.

Ainsi, la commission de contrôle des fichiers d’Interpol a donc bel et bien la possibilité de consulter un certain nombre de données et, dans l’hypothèse où il y a des demandes de restriction à la communication d’informations, que celles-ci émanent aussi bien des Bureaux centraux nationaux que des demandeurs, la commission de contrôle des fichiers d’Interpol procèdera aux vérifications d’usage sur la base d’une demande de restriction qui sera motivée et qui devra être justifiée.

L’absence de justification d’une demande de restriction est alors prise en compte par la commission lors d’examen de l’affaire.

Les conditions de confidentialité de la requête en levée du fichage RED NOTICE

Les conditions de confidentialité s’imposent également au niveau de l’archivage ainsi que des correspondances qui sont toutes assujetties au sceau de la confidentialité et sont par nature inviolables.

Par ailleurs, il n’est pas du pouvoir ni de la pratique de la commission de faire quelque commentaire que ce soit sur les affaires qui auraient une approche médiatisée.

Il convient dès lors de s’intéresser à la procédure commune à toutes les requêtes recevables.

La procédure commune à toutes les requêtes déposées devant la CCF

Toutes les demandes d’accès présentées à la commission de contrôle des fichiers d’Interpol CCF sont soumises à une procédure spécifique prévue dans les statuts ainsi que dans ses règles de fonctionnement.

Toujours est-il que, lorsque la commission reçoit une requête, elle doit en accuser réception dans les meilleurs délais afin d’informer le demandeur de la réception de ladite requête et des délais applicables au traitement de cette requête.

Les langues de travail sont l’Anglais, l’Arabe, l’Espagnol et le Français conformément aux statuts de l’organisation.

Il convient donc de s’intéresser aux conditions préalables applicables au dépôt d’une requête ainsi qu’aux délais de traitement.

Les conditions préalables applicables aux requêtes et les délais de traitement

La première des tâches de la commission (CCF) consiste à vérifier la recevabilité de la requête, la recevabilité de cette requête est analysée au plus tard dans le mois après la réception de ladite requête.

En tout état de cause, la commission a le pouvoir d’inviter le demandeur à fournir des informations ou à compléter sa requête à travers des documents complémentaires.

Chaque requête, en tout état de cause, doit satisfaire aux conditions suivantes tel que le prévoit l’article 30 des règles de fonctionnement de la commission (CCF), à savoir que la requête doit comporter un courrier ou un formulaire de demande de la commission (CCF) signé par le demandeur, envoyé par courriel et expliquant son objet.

Elle doit être rédigée dans l’une des langues de travail de l’organisation (pour rappel : Anglais, Arabe, Espagnol et Français).

Elle doit émaner de la personne qu’elle concerne ou de son conseil dûment constitué à cet effet.

La requête doit être accompagnée d’une copie lisible et non expurgée d’un document d’identité du demandeur dans le but d’établir son identité avec exactitude.

Dans l’hypothèse où le demandeur est une personne morale, le nom complet, la date de constitution de l’immatriculation ainsi que l’ensemble des documents relatifs à son immatriculation, tel que le KBIS ainsi que son adresse de siège social officiel, doivent être clairement indiqués.

Bien plus, lorsque le demandeur est représenté par un représentant légal, la requête doit être à ce moment-là accompagnée d’une déclaration écrite qui atteste de l’identité du représentant légal ou d’un certificat de mandant confirmant que le demandeur est bien représenté par un mandataire dûment constitué et légalement à même de représenter le demandeur.

Dans pareil cas, la requête doit être également accompagnée d’un pouvoir signé par le demandeur autorisant ledit mandataire à accéder aux informations le concernant dans les fichiers d’Interpol et lui permettant ainsi aussi de soutenir la demande de main levée du fichage rouge, RED NOTICE.

La nécessaire présentation d’un exposé succinct des arguments de main levée du fichage RED NOTICE

Justement, dans le cadre d’une demande de rectification ou d’effacement afin d’obtenir justement une main levée du fichage rouge, le requérant doit également apporter des précisions complémentaires et plus spécifiquement que soit immanquablement intégré dans sa demande un exposé succinct des arguments sur lesquels il fonde sa demande et il appartient également au demandeur de joindre à l’exposé succinct de ces deux arguments toute annexe pertinente supplémentaire tel qu’il est préconisé dans le formulaire de demande d’Interpol.

Dans l’hypothèse où le demandeur est une personne morale, la requête doit également intégrer et avoir comme annexe tout document montrant que la personne ou le représentant légal ayant fait la demande pour le compte de la personne morale a bel et bien la qualité statutaire ou juridique et légale pour représenter ladite personne morale, notamment à travers un extrait du registre de la Chambre du commerce ou encore un compte-rendu des organes dirigeants ou bien encore un procès-verbal d’Assemblée Générale ou encore les statuts.

Les hypothèses d’irrecevabilité de la requête prononcée par la CCF

La commission (CCF) a la possibilité de conclure à l’irrecevabilité d’une requête dans trois hypothèses.

Premièrement, la partie ne communique pas les informations demandées dans le délai indiqué par la commission (CCF), soit dans l’hypothèse où la requête sort de son domaine de compétence tel que défini dans les statuts et dont il appartiendra au demandeur bien sûr de procéder aux vérifications d’usage à cette fin, soit la requête est manifestement abusive.

La commission (CCF) met surtout en lumière le caractère répétitif des demandes qui pourraient être faites par un même demandeur.

La consultation du secrétariat général d’Interpol et les vérifications d’usage :

Lorsque la requête est bien réceptionnée, la commission (CCF) va consulter le secrétariat général d’Interpol afin de procéder aux vérifications d’usage concernant les données relatives au demandeur.

La commission (CCF) va alors consulter ce qu’ils appellent le propriétaire des informations contenues dans le système d’informations d’Interpol, autrement appelé la source de données, il s’agit bien sûr du bureau central national concerné et ce avant même d’imaginer divulguer l’existence ou l’absence d’information dans le système d’informations d’Interpol.

De plus, comme cela était précédemment indiqué, la commission (CCF) a la possibilité, notamment en présence de requête de rectification ou d’effacement de fichage RED NOTICE de consulter le secrétariat général d’Interpol ou tout autre entité appropriée afin d’obtenir des informations complémentaires si besoin était.

Le délai de traitement de la requête par la CCF :

Concernant le délai de traitement de la requête, la commission (CCF) a bien sûr pour principe de s’efforcer de rendre sa décision dans un délai raisonnable.

La mise en place de procédures simplifiées participe justement à un traitement plus rapide des données, cependant, la vérification d’arguments juridiques approfondis amène parfois à un traitement qui peut s’inscrire sur plusieurs délais.

Pour autant, la commission s’impose de se prononcer sur les demandes d’accès dans un délai de quatre mois au plus tard et sur les demandes d’effacement dans un délai de neuf mois à compter de la date à laquelle la requête était déclarée recevable.

Il peut arriver, en cas de complication dans la procédure, que la commission (CCF) sollicite, en l’état des circonstances, une prorogation des délais.

La prise de décision de la CCF sur la demande de rectification ou d’effacement : 

Dans tous les cas, la commission (CCF) communique sa décision au secrétariat général d’Interpol dans le délai d’un mois à compter de la date à laquelle sa décision a été prise.

Plus précisément, lorsque la commission (CCF) décide que les informations liées à une requête doivent être mises à jour, rectifiées ou surtout effacées, le secrétariat général d’Interpol a l’obligation de mettre en œuvre cette décision dans un délai d’un mois.

À partir de la mise en œuvre, la commission (CCF) dispose alors d’un délai d’un mois pour communiquer sa décision définitive aux parties.

Les demandes d’accès aux fichiers d’Interpol

Concernant les demandes d’accès aux fichiers d’Interpol, il importe de préciser que plusieurs types de réponses sont possibles par la commission selon qu’il existe ou non des données dans le système d’information d’Interpol et selon les éventuelles restrictions demandées par le pays consulté.

Ainsi, le demandeur peut être informé de l’existence ou de l’absence de données le concernant dans le système d’informations Interpol, si de telles données existent, elles peuvent être divulguées au demandeur.

Le demandeur peut également être invité à contacter les autorités compétentes d’un pays déterminé afin que les mesures appropriées soient prises au niveau national.

Concernant plus spécifiquement les demandes de rectification ou d’effacement des données, la commission (CCF) procède à l’examen juridique des demandes de rectification ou d’effacement des données, la procédure est un peu plus spécifique.

L’examen juridique des demandes de rectification ou d’effacement des données RED NOTICE

En effet, dans les cas de demandes de rectification ou d’effacement de données enregistrées dans le système d’informations d’Interpol et notamment aux fins de levé du fichage RED NOTICE, la nature et l’étendue des vérifications dépendra bien sûr de la teneur de la requête individuelle du demandeur ainsi que des données qui sont fournies et contestées.

L’examen de la commission (CCF) consiste à procéder à l’analyse des principaux arguments de la partie au regard de l’argumentation d’Interpol.

Les spécificités des demandes de révision d’une décision de la commission CCF

Concernant la demande de révision, cette démarche spécifique consiste à demander la révision d’une décision de la commission (CCF) concernant le demandeur.

Le demandeur est alors invité à utiliser les formulaires à cet effet.

Dans le cadre de cette procédure de révision, la commission (CCF) reçoit donc une nouvelle demande dans laquelle elle doit accuser une nouvelle fois réception pour le demandeur.

Et donne, là-encore, la possibilité au demandeur ainsi qu’à la source des données de modifier ses déclarations en conséquence.

Il importe de préciser que, en tout état de cause, la commission (CCF) a pour mission d’apprécier la demande du requérant à la lueur de l’article 42 des statuts de la commission.

En effet, selon l’article 42 du statut de la commission, une demande de révision d’une décision rendue par celle-ci n’est prise en compte que si elle satisfait à l’ensemble de deux critères bien précis.

Une demande de révision devant la commission CCF sur la base d’éléments nouveaux

En effet, la demande ne peut être présentée que dans le cas où a été découvert un fait qui aurait pu conduire la commission (CCF) à des conclusions différentes si ce fait avait été connu au moment où la requête a été traitée et dans l’hypothèse où des éléments nouveaux sont présentés dans les six mois suivant la découverte du fait en question.

La commission (CCF) peut considérer que la demande n’est pas conforme à l’article 42 du statut de la commission lorsque la commission (CCF) a établi que les éléments présentés par le demandeur ou le bureau central national à l’appui de sa demande étaient déjà connus au moment où elle a examiné l’affaire et, bien qu’un élément puisse être présenté par le demandeur ou le bureau central national et être considéré comme un fait nouveau, la commission (CCF) peut estimer que cet élément n’est pas de nature à remettre en cause sa décision.

La commission (CCF) peut également rejeter la requête de révision si les éléments dits nouveaux sont présentés plus de six mois après.

Ainsi fonctionne ainsi la saisine de la commission de contrôle des fichiers d’Interpol aux fins d’obtenir la main levée d’un fichage rouge, autrement appelé RED NOTICE.

Il convient de récapituler les différentes étapes de la demande d’accès mais également les différentes étapes de la demande de rectification ou d’effacement.

Le récapitulatif des différentes étapes liées à la demande d’accès aux données RED NOTICE

Concernant la demande d’accès, les étapes sont les suivantes : 

  • Étape 1. C’est effectivement le fait que la commission de contrôle des fichiers d’Interpol reçoit la demande.
  • Étape 2. La commission de contrôle des fichiers d’Interpol détermine si la demande est recevable et ce dans un délai de trente jours suivant sa réception.
  • Étape 3. Si la demande est recevable, la commission de contrôle des fichiers d’Interpol commence par vérifier s’il existe des données concernant le demandeur dans le système d’informations d’Interpol.

Le demandeur est, par voie de conséquence, vivement encourage à préciser la source des données, pays ou autre entité qui pourraient le rechercher par le canal d’Interpol.

  • Étape 4 : Conformément à l’article 35 de son statut, avant de divulguer des informations liées à une requête, la commission de contrôle des fichiers d’Interpol consulte la source des données.
  • Étape 5 : La réponse définitive à la demande est communiquée au demandeur dans un délai de quatre mois suivant la date à laquelle la demande a été déclarée irrecevable en tenant compte des restrictions applicables éventuellement demandées par la source des données conformément à l’article 35 du statut de la commission.

Les différentes étapes relatives à la demande de rectification ou d’effacement de fichage RED NOTICE :

Concernant les différentes étapes relatives à la demande de rectification ou d’effacement : 

  • Étape 1 : La commission de contrôle des fichiers d’Interpol reçoit la demande.
  • Étape 2 : La commission de contrôle des fichiers d’Interpol détermine si la demande est recevable et ce dans un délai de trente jours suivant sa réception.

Il importe de préciser que, s’il n’existe pas de donnée sur le demandeur dans le système d’informations d’Interpol, une réponse définitive lui est communiquée sous réserve des restrictions applicables éventuellement demandées par la source des données conformément à l’article 35 du statut de la commission.

La demande est alors considérée comme classée.

  • Étape 3 : Si la demande est recevable, la commission de contrôle des fichiers d’Interpol contacte la ou les sources de données et, le cas échéant, les sources tierces indirectement concernées par la demande.
  • Étape 4 : Le demandeur peut se voir demander de fournir des informations complémentaires si sa demande est examinée en cession et il en est informé et invité à fournir les informations complémentaires demandées ou jugées utiles tout comme la source de données.
  • Étape 5 : La commission de contrôle des fichiers d’Interpol rend une décision sur la demande dans un délai de neuf mois suivant la date à laquelle la demande a été déclarée irrecevable à moins qu’elle ne décide qu’une prorogation de ce délai est nécessaire conformément à l’article 40-3 du statut de la commission.
  • Étape 6 : Après la mise en œuvre, la commission de contrôle des fichiers d’Interpol communique sa réponse définitive au demandeur dans un délai de trente à soixante jours à compter de l’étape précédente ou dans un délai plus long en cas d’intervention du secrétariat général d’Interpol.

La source des données reçoit également la réponse définitive à la demande.

Les deux réponses peuvent faire l’objet de restrictions conformément à l’article 35 du statut de la commission.

Pour toute information complémentaire, il importe de préciser que la commission de contrôle des fichiers d’Interpol a mis en ligne un guide de procédure à l’attention des demandeurs qui saisissent la commission dont une partie des informations a été reprise à travers le présent article.

Article rédigé par Maître Laurent LATAPIE,

Avocat à Fréjus-Saint-Raphaël, 

Docteur en Droit, Chargé d’enseignement,

www.laurent-latapie-avocat.fr

Le rôle de l’avocat dans la saisine de la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol, CCF

Laurent Latapie avocat droit routier
Laurent Latapie avocat droit routier
Laurent Latapie avocat droit routier

Quel est le fonctionnement des « Red Notice » ou « notices rouges » qui correspondent aux fichiers Interpol ? L’avocat peut-il jouer un rôle pour obtenir la levée de ce fichage ? L’avocat peut-il saisir la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol, CCF.

 

Article :

 

Il convient de s’intéresser au sort des fichiers Interpol, premièrement pour comprendre le fonctionnement spécifique de ce que l’on appelle « les notices rouges » ou « Red notice », deuxièmement pour appréhender le rôle de l’avocat afin d’envisager d’obtenir la levée du fichage.

 

Quelques rappels s’imposent.

Interpol,ou Organisation Internationale de Police Criminelle (OIPC),est une organisation internationale dédiée à la coopération policière.

Elle aide les états et pays membres dans la lutte contre la criminalité transfrontalière.

Une des fonctions les plus connues d’Interpol est la publication de Notices Rouges, des fichiers internationaux utilisés pour demander la recherche, l’arrestation et l’extradition de personnes recherchées.

Ces notices contiennent des données essentielles sur les individus recherchés, telles que leur identité et les motifs de l’interpellation.

Les Notices Rouges jouent un rôle crucial dans le traitement des affaires criminelles à travers le monde.

Elles permettent aux services de police de différents états de partager des informations et de collaborer pour appréhender les criminels en fuite.

Par exemple, l’objet d’un mandat d’arrêt émis par un pays peut être appuyé par une Notice Rouge, facilitant ainsi l’arrestation dans un autre état membre d’Interpol.

En France, les procédures d’extradition et d’arrestation d’un individu basées sur une Notice Rouge sont encadrées par le Code Pénal et d’autres textes de loi.

L‘auteur d’un crime grave peut ainsi être traduit en justice, même s’ils se trouvent à l’étranger dans un état membre européen ou non.

L’Office central d’Interpol coordonne les actions et veille à ce que les procédures respectent les normes internationales et les libertés individuelles.

Bien que les Notices Rouges de l’Organisation Internationale de Police Criminelle soient des outils puissants, elles sont soumises à un contrôle rigoureux pour éviter les abus.

Elles peuvent même faire l’objet de contestations et de demandes de levée de fichage.

En résumé, les services de l’OIPC et ses Notices Rouges sont essentiels pour la coopération policière internationale, permettant de lutter efficacement contre la criminalité tout en respectant les droits et les libertés fondamentales.

Rappelons plusieurs jurisprudences de la CJUE sur la question, notamment :

CJUE, n° C-505/19, Demande (JO) de la Cour, C-505/19: Demande de décision préjudicielle présentée par le Verwaltungsgericht Wiesbaden (Allemagne) le 3 juillet 2019…

« […] Découle-t-il de l’article 21, paragraphe 1, TFUE qu’il est interdit aux États membres de mettre en œuvre les mandats d’arrêt émis par des États tiers dans le cadre d’une organisation internationale telle que l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol), lorsque la personne visée par une demande d’arrestation est un citoyen de l’Union et que l’État membre dont celle-ci possède la nationalité a fait part à ladite organisation internationale, et donc également aux autres États membres, de doutes quant à la compatibilité de ladite demande d’arrestation avec l’interdiction d’une double sanction pour les mêmes faits ?« 

Faire intervenir un avocat en droit international pour faire lever une notice rouge ?

L’intervention d’un avocat maîtrisant le droit international est essentielle pour faire lever une Notice Rouge émise par l’organisation Interpol.

Cette procédure complexe fait l’objet d’une compréhension approfondie des mécanismes juridiques internationaux et des normes de l’Organisation Internationale de Police Criminelle.

Tout d’abord, l’avocat examinera minutieusement les raisons de l’émission de la Notice Rouge pour identifier toute irrégularité ou violation de procédure.

Il s’assurera que les critères d’émission de la Notice Rouge sont respectés, notamment en vérifiant que les faits allégués ne relèvent pas de disputes civiles ou ne sont pas politiquement motivés, ce qui pourrait constituer une violation des principes d’Interpol.

Ensuite, l’avocat travaille à contacter l’Office central national d’Interpol du pays émetteur pour demander des clarifications sur les motifs et les preuves à l’appui de la Notice Rouge.

Il pourrait également négocier avec les autorités compétentes pour obtenir une levée volontaire de la Notice Rouge, notamment si de nouvelles preuves ou des arguments juridiques solides sont présentés en faveur du client.

Le rôle de l’avocat dans la saisine de la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol

Si les démarches administratives ne suffisent pas, l’avocat peut saisir la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol (CCF) pour examiner la conformité de la Notice Rouge aux règles d’Interpol.

La CCF a le pouvoir de recommander la levée d’une Notice Rouge si elle est jugée injustifiée ou non conforme aux standards internationaux.

Enfin, l’avocat basé en France en matière internationale veillera à ce que toutes les actions entreprises respectent les lois nationales et internationales ainsi que les droits fondamentaux de la personne visée par la Notice Rouge, en garantissant une défense robuste et efficace contre toute procédure abusive ou mal intentionnée quand à sa privation de liberté.

En résumé, l’intervention d’un avocat en droit international comme Maître Latapie Laurent est cruciale pour naviguer dans le processus complexe de levée d’une Notice Rouge d’Interpol au sein et en dehors du système européen pour l’auteur d’un crime, en s’assurant que les droits de la personne concernée sont protégés et que toutes les voies légales sont explorées pour parvenir à une résolution favorable.

Ce qu’il faut savoir sur le code pénal

Le Code pénal est un recueil de lois qui définit et régit les infractions pénales dans un pays donné.

Il établit les types de comportements qui sont considérés comme des crimes ou des délits, ainsi que les sanctions pénales applicables à ceux qui les commettent.

Chaque pays a son propre Code pénal, qui peut varier en termes de structure et de détails spécifiques des infractions et des peines.

Cela comprend généralement des dispositions sur les crimes contre les personnes (comme le meurtre, les agressions), les crimes contre les biens (comme le vol, l’escroquerie), les crimes économiques, les crimes liés aux drogues, etc.

Les infractions pénales sont souvent classées en différentes catégories en fonction de leur gravité, avec des sanctions proportionnelles prévues par la loi.

Les procédures judiciaires pour l’application du Code pénal incluent généralement des principes tels que la présomption d’innocence, le droit à un procès équitable, et la responsabilité pénale des individus pour leurs actes.

Il constitue la base légale fondamentale sur laquelle repose la justice pénale d’un pays, définissant les normes de comportement criminel et les conséquences juridiques pour ceux qui enfreignent ces normes.

Les termes à connaître :

Interpellation :

L’interpellation est l’acte par lequel une personne est appréhendée par les autorités policières, généralement pour suspicion d’infraction. Ce processus est encadré par des règles strictes visant à protéger les droits des individus tout en permettant aux forces de l’ordre d’assurer la sécurité publique en procédant à l’arrestation d’un individu dangereux.

Coopération :

La coopération internationale en matière de justice et de sécurité est cruciale pour faire face aux défis transnationaux tels que le terrorisme, le crime organisé et la cybercriminalité. Elle implique l’échange d’informations, la formation conjointe des forces de l’ordre et la mise en place de mécanismes juridiques pour faciliter la poursuite des criminels à travers les frontières.

Droit international :

Le droit international régit les relations entre les États et les organisations internationales. Il comprend le droit des traités, le droit humanitaire, le droit des droits de l’homme et le droit international pénal, qui réglemente les crimes graves comme le génocide et les crimes de guerre.

Extradition :

L’extradition est le processus par lequel un État livre une personne accusée ou condamnée pour une infraction criminelle à un autre État où elle est recherchée pour être jugée ou purger une peine. Ce processus est régi par des traités d’extradition bilatéraux ou multilatéraux et implique des procédures juridiques complexes pour garantir le respect des droits fondamentaux.

Infraction criminelle :

Une infraction criminelle est un acte considéré comme une violation grave des lois pénales d’un État, telles que le meurtre, le vol qualifié ou le trafic de drogue. Ces infractions sont souvent punissables par des peines de prison et sont jugées devant les tribunaux de justice pénale, où les accusés bénéficient de droits procéduraux et de protections juridiques.

Mandat d’arrêt :

Un mandat d’arrêt est une décision judiciaire émise par un tribunal ou une autorité compétente autorisant l’arrestation d’une personne suspectée d’avoir commis une infraction criminelle. Il est basé sur des preuves présentées devant le tribunal et vise à garantir la comparution de l’accusé devant la justice pour répondre des accusations portées contre lui.

FRP :

FRP (Fichier des Recherches de Personnes) est un système centralisé utilisé par Interpol pour stocker des informations sur les personnes recherchées à l’échelle internationale. Il contient des détails comme les noms, les motifs de recherche, les photographies et les empreintes digitales lorsque disponibles. Les autorités policières des pays membres peuvent accéder au FRP pour faciliter la localisation et l’arrestation des individus recherchés, renforçant ainsi la coopération internationale en matière de justice et de sécurité.

 

Article rédigé par Maître Laurent LATAPIE,

Avocat à Fréjus, avocat à Saint-Raphaël,

Docteur en Droit, Chargé d’enseignement,

www.laurent-latapie-avocat.fr